l’Évènement guadalupéen: Un événement de salut

Présentation de Mgr Eduardo Chavez, Postulateur de la cause de canonization de saint Juan Diego

Il est clair que la grande dévotion que tous les papes ont eu envers Notre Dame de Guadalupe et que des millions de personnes, non seulement du Mexique, mais de partout, trouvent en elle un message explicitement personnel qui touche leur coeur, les incite à la conversion et ranime leur foi, les remplit d’espérance et les rend amoureux de l’immense amour de Dieu.

Comme tout autre événement de salut, l’Évènement guadalupéen constitue un moment historique fidèlement rapporté. Il est survenu il y a 477 ans, dans un endroit précis : la colline de Tepeyac. Il transcende frontières, cultures, peuples et coutumes; il atteint les sens les plus profonds de l’être humain. De plus, il se préoccupe de la participation de chaque être humain concret et historique, y compris avec ses défauts et ses vertus, de sorte que son intervention peut aller au-delà de ce que permettrait la nature humaine. Une des manifestations la plus claire que l’Évenement guadalupéen est, de fait, un événement de salut, se trouve dans les conversations des coeurs, sa capacité de déplacer et d’orienter des vies vers la seule personne à être la Voie, la Vérité et la Vie, Jésus Christ, notre Seigneur. Grâce à cet événement, Dieu a pris l’initiative de rencontrer l’être humain à un moment historique prédéterminé. L’aspect historique est important quand il s’agit de faire d’une réalité un changement de vie total et entier, en vue de créer, à partir de la racine elle-même une culture de la vie et une civilisation de l’amour.

Dieu intervient par l’intercession de sa propre mère, Notre Dame de Guadalupe, qui est envoyée par le Père, par l’intermédiaire de l’Esprit Saint, pour que son Fils, Jésus Christ soit manifesté et que tout être humain puisse en arriver à participer de sa vie. Elle est le premier disciple et missionnaire à nous manifester et nous livrer le message du salut. En même temps, elle forme des disciples et des missionnaires qui peuvent témoigner, aux dépens de leurs propres vies, de leur immense joie à pouvoir rencontrer l’amour de Jésus Christ, par l’intermédiaire de sa mère et notre mère.

C’est une histoire réelle et vraie, tout comme l’Amour de Dieu est réel et vrai. L’Évènement guadalupéen fait partie de l’histoire du salut, et a une influence décisive sur l’évangélisation de tout le continent, comme l’affirmait le Saint-Père. Notre Dame de Guadalupe est l’Étoile de l’évangélisation, « parfaitement acculturée », un modèle pour le monde entier.

L’Évènement guadalupéen, centré sur Jésus Christ, notre Seigneur, consiste d’apparitions de Notre Dame de Guadalupe à un autochtone nommé Juan Diego Cuauhtlatoatzin (qui veut dire : aigle capable de parler), et qui s’est produit entre le 9 et le 12 décembre 1531, sur la colline de Tepeyac, au nord de Mexico.

Des années auparavant, après la conquête de l’empire des Aztèques par les Espagnols en 1521, les rituels religieux des autochtones sont bannis, y compris des sacrifices humains qu’on offre en vue d’alimenter les dieux pour que se poursuive le cycle de vie. Ils croient que, avec leurs coeurs et leur sang, ils peuvent équilibrer le cosmos; ils croient qu’ils nourrissent les dieux avec ce qu’ils ont de plus important : leurs vies, leurs coeurs et leur sang. Cependant, après la conquête, on n’offre plus de coeurs ni de sang et les autochtones sont convaincus que la fin du monde approche. Maintenant que les dieux ne sont plus alimentés, les indigènes craignent qu’une catastrophe soit imminente.

Nous comprendrons que la défaite des indigènes qu’entraînera la Conquête ne sera pas que militaire. Il en résultera également une dépression économique, ainsi qu’un effondrement moral, spirituel, culturel et religieux.

Un petit groupe de missionnaires franciscains devront affronter un défi énorme parmi les millions d’indigènes qu’avait comptés l’empire aztèque. Ces saints hommes devaient faire quelque chose pour assurer la survie des autochtones et en même temps de les évangéliser. On ne doute pas du tout que, durant la première évangélisation du Mexique, l’oeuvre des missionnaires ait été extraordinaire; toutefois, la tâche dépassait leurs capacités.

Le frère Gerónimo de Mendieta écrit sur la préoccupation qu’ont les missionnaires depuis le début de l’évangélisation, à savoir s’ils pourront détourner les autochtones de leurs dieux. Les missionnaires persistent de mille façons différentes de se faire comprendre, mais « d’une part, les autochtones ne comprennent pas ce qui se dit en latin et on ne peut mettre fin à leur idolâtrie, et, d’autre part, les prêtres ne peuvent pas les réprimander ou mettre en oeuvre des moyens de les empêcher parce qu’ils ne connaissent pas la langue, situation qui les boulevers et les afflige. » Sans doute ssont-ils inquiets. Comment évangéliser des millions d’autochtones quand nous nous trouvons en pleine situation de conquête troublante et que nous ne sommes que quelques missionnaires qui, à l’époque, ne sont pas plus que trente? De plus, leurs convertis en puissance ont été décimés par une terrible maladie, la variole, qui éclate peu de temps après l’arrivée des Européens et qui tue la moitié de la population indigène.

Les frères s’sn inquiètent profondément. Alors qu’ils essaient de défendre les autochtones des mauvais traitements infligés par le Espanols, ils tentent également de mettre fin à l’arrogance, la haine et la cupidité qui menacent de détruire la communauté espagnole elle-même. La Première Audience, soit le premier gouvernement civil espagnol de l’époque, s’avère une institution terrible et profondément corrompue. Vols, violations, corruption et comportement injuste tourmentent et affligent tant les indigènes que certains des Espagnols qui tentent de redresser la situation. Les missionnaires espagnols souffrent des atrocités aux mains de leurs compatriotes catholiques qui se laissent tenter dans leurs coeurs de commettre d’incroyables cruautés, allant jusqu’à tenter d’assassiner l’évêque de Mexico, le frère Juan de Zumárraga. L’évêque est contraint à excommunier les membres de la Première Audience, endommageant leur réputation à Mexico. C’est une période si profondément complexe que Mgr Zumárraga écrit au Roi en implorant le secours de Dieu : « Si Dieu n’intervient pas pour nous trouver une solution à lui, ce pays sera totalement perdu... »

Et Dieu est intervenu grâce à l’être qu’il aime le plus, sa propre mère, qui choisit un humble indigène comme messager fidèle, son défenseur tout à fait digne de confiance, Juan Diego Cuauhtlatoatzin.

Le samedi 9 décembre 1531, Juan Diego est en route vers Tlatelolco pour participer au catéchisme, lorsque la Mère de Dieu lui apparaît. Elle lui demande d’être son messager pour qu’un petit édifice sacré, un temple, soit bâti dans la vallée de Tepeyac, où elle pourra offrir tout son amour par l’entremise de son Fils, Jésus Christ. Elle dit que cette demande doit être approuvée par l’évêque, le frère Juan de Zumárraga. Juan Diego démontrera grande force et patience à travers maintes difficultés. À un moment donné, l’évêque lui demande un signe, et la Vierge Marie demande à Juan Diego de retourner à Tepeyac pour qu’elle puisse le donner le signe exigé.

Toutefois, Juan Diego ne peut pas être au rendez-vous, parce qu’il doit prendre soin de son oncle qui est gravement malade. Au jour convenu, le mardi 12 décembre, il parti de très bon matin pour se rendre à Tlatelolco chercher un prêtre qui prendra soin de son oncle, Juan Bernardino. En grande détresse, il cherche à éviter la rencontre avec la Vierge, contournant la colline de Tepeyac, pour ne pas être retardé. C’est alors que la Vierge de Guadalupe l’arrête pour lui livrer ces très belles paroles : « Ecoute, mets ceci dans ton coeur. Mon fils, le plus jeune, ce qui t’a fait peur et t’a affligé [...] n’aie pas peur [...]. Ne suis-je pas ici, moi qui ai l’honneur et la joie d’être ta Mère? N’es-tu pas sous mon ombre et ma protection? Ne suis-je pas la source de ton bonheur? N’es tu pas dans le creux de mon manteau et l’étreinte de mes bras? As-tu besoin d’autre chose? »

La Dame du Ciel le rassure que son oncle Juan Bernardino est déjà guéri. À ce moment exact, la Vierge apparaît devant l’oncle mourant et non seulement lui rend-elle la santé, mais elle lui dévoile son nom : « Sainte Marie de Guadalupe ». Elle dévoile son nom à l’aîné, ce qui signifie qu’elle se rend à l’autorité, la sagesse, la culture, l’identité, la plus importante racine du peuple autochtone.

Juan Diego a la foi et l’espérance voulues pour accepter les paroles de la Vierge et se rend disponible pour apporter à l’évêque le signe qu’il a demandé. La Vierge demande à Juan Diego de se rendre au haut de la colline où il trouvera de belles fleurs à couper et à placer dans sa tilma. Tout comme elle l’a indiqué, Juan Diego trouve, sur le sommet sec et rocailleux de cette colline, en emplacement de la mort, les fleurs les plus belles et les plus extraordinaires. Il fait comme on lui a demandé, et descend du haut de la colline, apportant dans sa tilma le précieux signe que l’évêque a demandé. La Vierge arrange chacune des fleurs dans la tilma de Juan Diego et l’envoie directement à Mexico afin qu’il livre le signe promis à l’évêque.

Juan Diego se retrouve devant l’évêque pour lui donner le signe. Aux yeux de l’autochtone, le contenu de sa tilma est très éloquent, puisque, selon l’intelligence indigène, la vérité se trouve dans « flor y canto » (fleur et chant). Il apporte des fleurs de Tepeyac, où il a entendu de merveilleux chants d’oiseaux.

L’autochtone livre la vérité dans sa tilma, à la grande surprise de tout le monde. Quand Juan Diego ouvre sa tilma où se trouvent les fleurs, au moment même, la belle image de Notre Dame de Guadalupe y apparaît. C’est une surprise pour l’évêque et pour tous ceux qui sont témoins du déroulement de cette merveille, ainsi qu’une surprise pour Juan Diego, parce que l’image imprimée de la Vierge de Guadalupe sur sa tilma signifie que lui-même, l’humble autochtone, le laïque, est devenu le signe. C’est sa tilma, et maintenant lui-même, toute sa personne, qui est entre les mains de l’évêque, le chef de son Église. La tilma n’appartient plus à Juan Diego, elle fait partie du signe, maintenant sa tilma appartient à l’évêque.

Tous ces événements ont une signification profonde : Juan Diego, le premier laïque autochtone du continent américain canonisé est transformé en signe de la Divine Providence et se trouve entre les mains de l’évêque. En d’autres termes, le laïque est le signe de l’amour merveilleux de Dieu, par l’intermédiaire de Notre Dame de Guadalupe, à l’intérieur de l’Église, pour tout le monde de la terre. Laïques, hommes et femmes, comme vous, sont les signes provenant de Dieu par l’intermédiaire de Notre Dame de Guadalupe pour tout le monde de la terre et de l’époque actuelle.

Vous êtes les roses

Vous êtes fleurs et chants.

Vous êtes la vérité.

Vous êtes le signes provenant de Dieu pour vos frères et soeurs.

Vous êtes la nouvelle civilisation de l’amour.

L’ÉvÉnement Guadalupe

L’événement Guadalupe est la rencontre entre Dieu et l’homme, grâce à sa propre Mère, sainte Marie de Guadalupe qui, entre le 9 et le 12 décembre 1531, est apparu à l’humble autochtone Juan Diego Cuauhtlatoatzim, à qui elle livra son message et son image, remplie d’amour pour l’Église catholique, et de sa part jusqu’au monde entier. C’est un parfait exemple d’évangélisation à la base, comme le notait le pape Jean-Paul II.

La relique de la tilma sera exposée au Festival Guadalupe

Histoire de la relique de la tilma Relique de la tilma
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